pantin-ideCimetière de Pantin Hommage aux guérilleros de la Résistance
Le Parisien. Aurélie Lebelle | 25 août 2014

« Viva la  ! » Les  d’une poignée d’Espagnols résonnent dans le carré militaire du cimetière de Pantin. Amassés autour d’une petite croix grise identique aux autres, en présence du  (PS) du Sénat Jean-Pierre Bel et du premier adjoint à la mairie de Pantin Alain Periès, ils sont venus hier matin avec des drapeaux aux couleurs des guérilleros, pour rendre hommage à José Baron Carrenos, tué le 19 août 1944 alors que les premiers coups de feu retentissaient à Paris.

A 26 ans, le jeune Espagnol tombe boulevard Saint-Germain, d’une balle en plein cœur. « Il était le chef de la zone Nord pour les guérilleros espagnols, explique Henri Farreny, le vice-président de l’Amicale des anciens guérilleros espagnols en France (AAGEF-FFI). Mais il a été malheureusement oublié… »

Il y a trois ans, l’Amicale découvre que ce héros de la résistance a été enterré dans le cimetière de Pantin, en septembre 1944. Sur sa croix, où est inscrit son nom, il est simplement indiqué « décédé », alors que sur toutes celles qui l’entourent on peut lire « mort pour la France ». « C’est toujours plus difficile pour un étranger d’avoir le droit à cette inscription, dénonce Henri Farreny. Il faudrait que cela soit modifié. »

500 Espagnols intégrés aux réseaux d’Ile-de-France

Alors que des discussions sont en cours pour obtenir une plaque commémorative à l’endroit où José Baron Carrenos a été abattu dans Paris, la cérémonie organisée hier matin voulait également rendre hommage aux 500 guérilleros espagnols intégrés aux réseaux de résistance d’Ile-de-France, qui ont contribué à libérer Paris et les villes alentours. Sans compter ceux, soldats officiels de l’armée, qui sont entrés dans Paris avec la 2e Division blindée du général Leclerc. « Ils sont tous venus en France pour défendre la démocratie contre le fascisme, explique avec émotion Ludivina Garcia, la présidente de l’Association des descendants des exilés espagnols. Et ils pensaient qu’une fois la liberté obtenue, ce serait le tour de l’Espagne. Mais si Hitler et Mussolini ont été destitués, Franco est resté et personne n’est venu libérer les Espagnols. Il y a aussi une forme d’amertume. »

Le Parisien. Hommage Aux Guerilleros de la Resistance